Retraites à 60 ans : la CFDT offre une porte de sortie au PS

Pour la CFDT, le retour à un âge légal de la retraite à 60 ans n'est plus une priorité. François Chérèque l'a clairement dit hier sur RTL. « Je crois que le problème n'est plus là », a-t-il déclaré, appelant la gauche à ne pas « se bloquer sur le problème de l'âge » et à se concentrer sur la question de « la durée de cotisation ». C'est là, selon le leader de la CFDT, qu'on déplore le plus d'injustices. Certains salariés ayant commencé à travailler à 18 ans seront bientôt obligés de cotiser 44 ans, car ils ne pourront plus prendre leur retraite avant 62 ans. Or, il s'agit souvent de ceux qui sont le plus concernés par les métiers pénibles. A côté, d'autres pourront cesser de travailler, également à 62 ans, mais en ayant cotisé « seulement » 41,5 ans, la durée requise pour une retraite à taux plein.

Depuis 2003, la CFDT a toujours défendu la voie de la hausse de la durée de cotisation, préférable selon elle à la hausse de l'âge légal. Mais, maintenant que cette dernière a été votée, il ne faudrait pas se tromper de combat. « Au-delà de son coût, le simple retour aux 60 ans ne réglerait rien, décrypte Jean-Louis Malys, le « monsieur Retraites » de la CFDT. La question de l'âge ne devrait pas être structurante car elle ne tient pas compte des parcours. »

« Le critère le plus juste »

François Chérèque a enfoncé le clou hier, en estimant que François Hollande ne rétablirait pas la retraite à 60 ans pour tous s'il était élu président. Michel Sapin l'a d'ailleurs laissé entendre dans « Le Monde » la semaine dernière. Ce proche du candidat socialiste a évoqué un retour aux 60 ans pour « les salariés ayant commencé à travailler très tôt et dans des conditions dures ». Autrement dit, pas pour tous. « La durée de cotisation est le critère le plus juste, sur ce point, nous sommes d'accord avec la CFDT », explique Marisol Touraine, secrétaire nationale du PS à la Sécurité sociale.

François Chérèque a aussi appelé hier « tous les candidats » à organiser « une remise à plat » de l'ensemble du système de retraite dès 2012, en concertation avec les syndicats. C'est-à-dire un an plus tôt que la « réflexion nationale » prévue par la loi. Cela pourrait là encore offrir une porte de sortie au PS : le lancement d'une grande concertation lui permettrait d'éviter le débat frontal sur un retour immédiat (et très risqué pour la note de la France) aux 60 ans. « L'ouverture de discussions avec les syndicats s'impose, sur le sujet des retraites comme sur d'autres », répond Marisol Touraine.

VINCENT COLLEN, Les Echos